Bons baisers d’outre-Manche

Des exploits d’un célèbre espion en smoking à l’héroïsme ouvrier dépeint par Ken Loach, double palme d’or à Cannes le 7e art n’est pas pour rien dans le softpower britannique, cette capacité de rayonnement que l’empire de Sa Majesté a su garder grâce à la culture. L’humour absurde des Monty Python ? Churchill mâchonnant son cigare ? L’enfance exploitée d’Oliver Twist ? La rivalité savamment travaillée entre les gentils Beatles et les méchants Rolling Stones ? Le visage de Mel Gibson incarnant la fierté du peuple écossais dans Braveheart ? Le déchirement irlandais de Bloody Sunday ? N’en jetez plus. Les cinéastes « so british » ont souvent passé le pays au tamis de leur intransigeance, de leur désir de justice sociale. Ils ont aussi su donner relief à son histoire, faire des affres de sa famille royale le sujet d’une saga sans fin, sans oublier d’être drôles, parfois jusqu’au désespoir. La 28e édition du Festival du film de Pessac met à l’honneur ce cinéma si singulier et foisonnant. L’occasion est belle pour les étudiants de l’Ijba d’en faire le terrain d’une réjouissante exploration. Plusieurs pages, produites sur place pendant l’événement, restituent la richesse de cette offre, avec des interviews, des critiques, des pas de côté…